mardi
08 juin 2021

LE CONCERT SERA RETRANSMIS EN DIRECT À 21H00

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Jazz

LIVE STREAM: ANTOINE BOYER & YEORE KIM

Ce concert sera retransmis en direct à 21h00.

Sortie de l'album "Tangram"

Tangram. Sept pièces, des milliers de combinaisons. Qualifié de casse-tête chinois par certains, ce jeu permet d’évaluer la créativité des joueurs. Antoine Boyer et Yeore Kim n’en manquent pas pour composer non pas un puzzle mais une fresque musicale. Couple à la scène comme à la ville, ils dialoguent en sourires, en mines complices, en mutineries, créant tout au long de ce Tangram un jeu du chat et de la souris. Du haut de leur septet, ils livrent une symphonie jazz, free fondamentalement. Plus on est de fous…

Le temps ne fait rien à l’affaire : jeune virtuose de la guitare, compositeur adepte des carrefours musicaux – navigant de la musique classique au jazz manouche, en passant par le flamenco, la musique brésilienne et le rock –, Antoine Boyer se joue des répertoires au fil de ses albums et de ses collaborations, tous azimuts. En duo et à l’unisson de la talentueuse harmoniciste coréenne, mais aussi de son orchestre composé d’une contrebasse, d’une batterie et d’un trio de cuivres (clarinette/saxophone, trompette et trombone), il s’affranchit des académismes pour laisser libre cours à son imagination. Jeux de jazz, pompes manouches, clin d’oeil pop, mèches rock progressif, sans oublier une valse à onze temps, Antoine Boyer et Yeore Kim échangent, digressent, sans tomber dans les grands discours : «Nous ne voulions pas cantonner les instruments dans leurs rôles habituels, la guitare jouant l’accompagnement et l’harmonica les thèmes, il fallait les sortir de leur zone de confort pour créer de véritables échanges», résume le compositeur.

Cet album est le fruit d’une rencontre aux antipodes, d’une évidence : les futurs jeunes mariés se croisent lors d’un festival de jazz à Taïwan en 2018 et, dès lors, écrivent leur romance en musique. Un homme, une femme, pas de mode d’emploi. Ils bouleversent les architectures : «J’ai du mal à exprimer la musique avec des mots, la géométrie m’est plus naturelle», explique «l’art-penteur».

En concert : 8 juin 2021 - Studio de l’Ermitage - Paris
Tangram est une grande première, à plusieurs niveaux : premier duo avec sa femme, première composition pour orchestre, premiers pas parmi les instruments à vent. Antoine Boyer réalise un rêve : il y a là des cordes, des cuivres, mille couleurs, la douceur et les souffles brûlants, pour un mariage de l’intime et du collectif. Cordes tirées, pincées, frottées, étouffées, caressées, la guitare se fait plurielle pour répondre aux envolées de l’harmonica. Tantôt acoustique, tantôt électrique, électrisante, comme sur l’hypnotique relecture d’«Exit music for a film» de Radiohead et son déferlement de distorsion. Les fans des Beatles hallucineront en découvrant le flamboyant arrangement de «Blackbird», succès mille fois repris mais jamais entendu à de telles hauteurs, ou l’espiègle variation d’«Imagina» de Tom Jobim. Antoine et Yeore, le yin et le yang, la fougue en dénominateur commun.

Au fil des douze titres, le duo tisse de somptueux canevas, alternant symphonies, à l’image de la pièce «After the Storm», qui pourrait être la bande originale d’un film de science-fiction, et ballades au creux de l’épaule. Du swing, du groove, de la sensualité et des syncopes. Quartier libre enfin avec «Where is Polly Blue?», le terrain de jeu d’une guitare buissonnière, tordue, distordue, et «Mother to the world» hypnotique sur le fil des voix. Plus qu’un album, Tangram est une odyssée des espaces.

Antoine Boyer – Guitare
Yeore Kim – Harmonica
Jonathan Gomis – Batterie
William Brunard - Contrebasse